La violence de John Lennon envers les femmes
Reconnu par lui-même
Dans une interview donnée quelques jours avant sa mort, en 1980, il déclare avoir été un homme violent et avoir frappé des femmes. Cynthia Lennon, sa première femme, a décrit la même chose dans ses mémoires.
Il présentait son militantisme pacifiste comme la suite de ce qu’il avait été et qu’il refusait de rester. Le dire publiquement, à une époque où personne ne l’y obligeait, n’était pas rien. Cela ne répare rien non plus pour celles qui l’ont subi.
Julian Lennon
Reconnu par lui-même
Père largement absent de son premier fils, né en 1963, il l’a admis sans détour. Julian Lennon a raconté avoir très peu vu son père après le divorce de 1968, et s’être senti plus proche de Paul McCartney — qui avait écrit « Hey Jude » en pensant à lui, en allant le voir pendant la séparation de ses parents.
Les dernières années ont été un peu moins mauvaises, de l’aveu même de Julian. Elles n’ont pas rattrapé les quinze précédentes.
Le renvoi de Pete Best
Établi
Batteur du groupe pendant deux ans, y compris pendant les nuits de Hambourg, il est congédié en août 1962, quelques semaines avant le premier disque. Aucun des trois autres ne le lui dit : la tâche est laissée à Brian Epstein, qui le reçoit seul dans son bureau. Best a toujours affirmé n’avoir reçu aucune explication.
Ils ont reconnu, des années plus tard, que la manière avait été lâche. En 1995, la sortie d’Anthology a inclus dix titres qu’il avait enregistrés avec eux : les droits correspondants lui ont, dit-on, rapporté une somme considérable. Trente-trois ans après.
Hambourg, les amphétamines et les expulsions
Établi
Pour tenir sept heures de scène par nuit, le groupe consomme du Preludin, un coupe-faim amphétaminique alors en vente libre en Allemagne. Le premier séjour se termine mal : George Harrison est expulsé en novembre 1960 pour avoir travaillé la nuit alors qu’il était mineur ; McCartney et Best le sont peu après, arrêtés pour avoir mis le feu à une tenture dans leur chambre.
Les drogues
Reconnu par eux-mêmes
LSD à partir de 1965, cannabis largement, héroïne pour Lennon entre 1968 et 1969 — il en a parlé publiquement, et en a tiré une chanson. Condamnations pour possession de cannabis en 1968 pour Lennon, en 1969 pour Harrison.
C’est le point le moins grave de la liste : il ne concerne qu’eux. Il figure ici parce qu’il a longtemps été raconté comme une aventure charmante, alors qu’il a laissé au moins deux d’entre eux dans un état dont il a fallu des années pour sortir.
« My Sweet Lord »
Établi — décision de justice
En 1976, un tribunal américain juge que George Harrison a repris, sans intention consciente, la ligne mélodique d’un succès de 1963. Le jugement retient la notion de plagiat inconscient — une première — et il devra verser des dommages.
L’affaire a une seconde couche : Allen Klein, qui conseillait Harrison, a racheté les droits de la chanson adverse en cours de procédure, ce que le tribunal a sanctionné comme une violation de ses obligations.
Le sexisme des textes
Reconnu par lui-même
Plusieurs chansons du début des années 1960 tiennent des propos de jalousie possessive, dont une où le narrateur menace une femme de mort si elle en voit un autre. Lennon a plus tard désigné ce titre comme celui qu’il détestait le plus dans tout le catalogue.
On lit souvent que c’était l’époque qui voulait ça. L’époque n’a écrit aucune de ces lignes.
La séparation, devant les tribunaux
Établi
Cinq ans de procédure, des disques entiers écrits les uns contre les autres, des interviews assassines dans les deux sens. Lennon a publié en 1971 une chanson dont le seul objet est d’humilier McCartney, nommément.
Quatre hommes qui avaient passé dix ans ensemble ont réglé leurs comptes en public, pendant des années, devant tout le monde.
Le départ de Rishikesh
Contesté
Le groupe quitte brutalement l’ashram du Maharishi en avril 1968, et Lennon écrit dans la foulée une chanson qui règle ses comptes avec lui.
Le motif invoqué à l’époque — une accusation de geste déplacé envers une résidente — est aujourd’hui largement mis en doute : plusieurs témoins présents l’ont démentie, et l’origine de la rumeur est attribuée à un membre de leur entourage. Ils ont cru une rumeur sur parole, sont partis sans vérifier, et ont mis en cause un homme en chanson. Harrison et McCartney lui ont présenté leurs regrets, des années plus tard.